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Retour de Donald Trump à la Maison Blanche : Ce que cela signifie pour les États-Unis et le monde

  • Photo du rédacteur: Elsa Carlier Aubert
    Elsa Carlier Aubert
  • 6 nov. 2024
  • 4 min de lecture

Après une campagne acharnée, Donald Trump semble en passe de remporter les élections présidentielles américaines de 2024, battant ainsi la candidate démocrate Kamala Harris. Ce retour du leader républicain marque une continuité, mais aussi un durcissement de ses politiques conservatrices et nationalistes amorcées lors de son premier mandat. Cet article explore les principaux axes de son programme et les implications de sa présidence pour l’Amérique et pour le reste du monde.



Économie : Protectionnisme et leadership dans les cryptomonnaies


Face à une économie marquée par trois années de forte inflation, Trump a fait du pouvoir d'achat et de la relance économique ses priorités. S'il avait déjà réduit les impôts des grandes entreprises et des plus riches lors de son premier mandat, cette fois-ci, il promet des droits de douane de « plus de 10 % » sur toutes les importations. Ce protectionnisme vise à relocaliser les emplois et à rendre les États-Unis moins dépendants de l’étranger, tout en finançant une nouvelle baisse d'impôts.

Trump souhaite également faire des États-Unis la « capitale mondiale des cryptomonnaies », une orientation qui semble séduire les investisseurs : le bitcoin a atteint un sommet de 75 000 dollars. En revanche, Kamala Harris, de son côté, s’était présentée comme la candidate des classes moyennes, misant sur des aides à l'accession immobilière, à la création d’entreprises et sur un allègement fiscal pour les revenus moyens, dans un esprit plus modéré.

Immigration : Des promesses de fermeté extrême


La politique migratoire de Donald Trump est l'un des aspects les plus controversés de son programme. Après le pic d’entrées illégales sous la présidence Biden, Trump considère la sécurité des frontières comme un dossier prioritaire. Il a promis une opération d’expulsion massive des migrants en situation irrégulière, affirmant vouloir contrer ce qu'il appelle « l'invasion » des migrants. Sa rhétorique, qualifiée par beaucoup de xénophobe, reflète un durcissement par rapport à son mandat précédent, où il s’était limité à la construction du mur à la frontière mexicaine.

Kamala Harris, quant à elle, envisageait un renforcement des contrôles, mais sans la brutalité du programme de Trump, prônant une approche plus humaine pour les immigrants tout en respectant les lois en vigueur.


Avortement : Retour des droits aux États


Depuis que la Cour suprême, profondément influencée par les nominations de Trump, a annulé l'arrêt Roe v. Wade en 2022, le droit à l'avortement est redevenu une question divisée. Trump se dit satisfait que chaque État puisse désormais légiférer sur cette question, tout en laissant entendre que certains États sont « allés trop loin » dans les restrictions. Cependant, beaucoup craignent qu'il puisse restreindre davantage l'accès à des traitements comme les avortements médicamenteux.

Kamala Harris, en revanche, avait promis de codifier les droits de l'avortement au niveau fédéral, espérant rétablir un accès universel à cette procédure. Pour elle, la révocation de Roe v. Wade constitue un retour en arrière dévastateur pour les droits des femmes.


Politique étrangère : Un retour à l’isolationnisme


Sur le plan international, Trump conserve une posture isolationniste, affirmant que « l'Amérique doit se concentrer sur elle-même ». Il a critiqué les dépenses militaires massives pour l’Ukraine, promettant qu’il « résoudrait » le conflit en 24 heures, sans toutefois expliquer de quelle manière. Une telle déclaration pourrait signifier une diminution de l’aide militaire à Kiev, ce qui inquiète les Européens et, surtout, l’OTAN. En effet, sa victoire suscite de vives préoccupations quant à l'engagement américain envers ses alliés, surtout face à l'agressivité de la Russie.

Kamala Harris, pour sa part, promettait de rester aux côtés de l'Ukraine « jusqu'à la victoire », condamnant le soutien de Trump aux dictateurs et défendant la collaboration au sein de l'OTAN.


Climat : Fossiles et forages intensifs


Le climat, un sujet prioritaire pour les démocrates, est un point de divergence majeur entre Trump et Harris. Convaincu que les mesures environnementales nuisent à l’économie, Trump souhaite supprimer les subventions aux énergies renouvelables et multiplier les forages de pétrole et de gaz. Il prévoit même de retirer de nouveau les États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, un geste qui symbolise son rejet des engagements internationaux.

Kamala Harris, elle, défendait la lutte contre le changement climatique. Elle s’engageait à poursuivre les efforts de réduction des émissions de carbone initiés par Joe Biden à travers le plan « Inflation Reduction Act » et plaidait pour une transition énergétique durable.


Quelles conséquences pour le monde ?


La victoire de Donald Trump annonce des bouleversements non seulement pour les Américains mais aussi pour leurs partenaires à travers le monde. En Europe, les alliés de l’OTAN s’inquiètent de voir les États-Unis se retirer du leadership militaire et diplomatique, laissant un espace que d’autres puissances comme la Russie pourraient tenter d’occuper. En Afrique, la réduction possible des aides américaines soulève des préoccupations dans les secteurs de la santé, de l’éducation, et des infrastructures, autant d’initiatives essentielles soutenues sous Biden.

En somme, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche pour un second mandat pourrait amplifier les divisions au sein de la société américaine et fragiliser les alliances internationales. Son programme de 2024, plus radical que jamais, marque un tournant politique qui pourrait remodeler profondément le visage des États-Unis et influencer les relations de puissance mondiales pour les années à venir.

 
 
 

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