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Au Venezuela, les pillages compliquent les secours après le séisme qui a fait 1 450 morts

  • Photo du rédacteur: Elsa Carlier Aubert
    Elsa Carlier Aubert
  • 29 juin
  • 3 min de lecture

Alors que les équipes de secours poursuivent leurs recherches sous les décombres, de nouveaux défis émergent dans les zones sinistrées du Venezuela. Aux destructions causées par le double séisme s'ajoutent désormais des pillages visant habitations, commerces et bâtiments abandonnés. Dans l'État de La Guaira, épicentre de la catastrophe, les habitants dénoncent une insécurité grandissante qui complique encore davantage les opérations de sauvetage et la survie des rescapés.




Les secours se poursuivent dans un pays meurtri


Quatre jours après le double séisme qui a frappé le Venezuela, les recherches restent actives malgré un bilan humain qui ne cesse de s'alourdir. Selon les autorités, au moins 1 450 personnes ont perdu la vie, tandis que des dizaines de milliers d'habitants sont toujours portés disparus. Près de sept millions de personnes auraient été affectées par la catastrophe.

À Caraballeda, au nord de Caracas, les sauveteurs continuent d'extraire des survivants des immeubles effondrés. Un père et son fils ont notamment été retrouvés vivants après plusieurs jours passés sous les gravats, symbole de l'espoir qui anime encore les équipes de secours venues de plusieurs pays.

Mais dans un Venezuela déjà fragilisé par des années de crise économique, les moyens matériels restent insuffisants. Le manque d'engins de levage et d'équipements ralentit considérablement les opérations, obligeant souvent les bénévoles à déblayer les décombres à la main.

Les pillages alimentent la colère des sinistrés


Dans les quartiers les plus touchés de La Guaira, les habitants doivent désormais faire face à un autre danger : les pillages.

Des commerces, pharmacies, supermarchés et maisons abandonnées ont été vidés de leur contenu. Sur les réseaux sociaux circulent des vidéos montrant des personnes transportant des appareils électroménagers ou des marchandises récupérées dans des bâtiments détruits. Certains habitants assurent avoir obtenu l'autorisation des propriétaires, quand d'autres dénoncent de véritables actes de vol.

« Ils ont tout emporté, jusqu'aux câbles électriques », raconte Maria Esther Bernal, une habitante de 71 ans dont les locaux commerciaux ont été entièrement pillés.

Plusieurs familles affirment également avoir retrouvé leurs logements complètement vidés après leur évacuation. Certaines dénoncent même des abus impliquant des membres des forces de l'ordre, accusations qui circulent largement mais qui n'ont, à ce stade, pas été officiellement confirmées.

Face à cette situation, le gouvernement a renforcé la présence militaire dans la région et instauré un système de laissez-passer afin de limiter les déplacements dans les zones les plus dévastées.


Une catastrophe humanitaire qui dépasse désormais l'urgence sismique


Au-delà des recherches de survivants, les autorités doivent désormais répondre à une crise humanitaire de grande ampleur. Les besoins en eau potable, nourriture, médicaments et hébergements d'urgence restent immenses.

L'aide internationale continue d'affluer. Plus de vingt pays ont envoyé du matériel, des équipes spécialisées et des chiens de recherche. Les États-Unis ont déployé plusieurs centaines de militaires afin de faciliter l'acheminement des secours par voie aérienne et maritime, tandis que l'Union européenne a débloqué une aide d'urgence.

Les dégâts sont estimés à près de sept milliards de dollars, soit environ 6 % du produit intérieur brut du Venezuela.

Dans les rues de La Guaira, où les habitants alternent entre les fouilles des décombres et la protection des quelques biens qu'il leur reste, une inquiétude domine : que la catastrophe naturelle laisse désormais place à une crise sécuritaire durable, au moment même où le pays tente encore de sauver les derniers survivants.

 
 
 

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