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Le cyclone Chido dévaste Mayotte : un désastre humain et matériel historique

  • Photo du rédacteur: Elsa Carlier Aubert
    Elsa Carlier Aubert
  • 14 déc. 2024
  • 2 min de lecture

Avec des rafales dépassant les 220 km/h, le cyclone Chido a frappé Mayotte de plein fouet le samedi 14 décembre 2024, causant des destructions massives. Tandis que le bilan humain reste incertain, les dégâts matériels rappellent l’ampleur des grandes catastrophes naturelles. L'île, déjà fragilisée économiquement, est plongée dans une crise sans précédent.



Un cyclone d'une puissance inédite


Le passage de Chido, qualifié de cyclone tropical majeur, a traversé le nord de l'île de Grande-Terre dans la matinée. Des rafales d’une violence extrême ont arraché les toits, pulvérisé les bidonvilles, et déraciné d’innombrables arbres. À Kawéni, l'un des quartiers les plus pauvres de Mamoudzou, les habitations en tôle ont été littéralement soufflées. « Kawéni est rasé », témoigne une habitante dévastée.

Le cyclone, le plus puissant depuis 1934, n’a pas épargné les infrastructures essentielles de l’île. L’aéroport international Marcel-Henry et le centre hospitalier de Mamoudzou figurent parmi les sites les plus endommagés, paralysant l'arrivée des secours. Le réseau téléphonique, déjà fragile, est quasiment inexistant, compliquant encore davantage la gestion de cette crise humanitaire.


Des milliers de sans-abri et une aide qui tarde


Mayotte, le département le plus pauvre de France, paie un lourd tribut à ce désastre. Selon les autorités locales, des milliers de personnes ont perdu leur logement, principalement dans des bidonvilles où vivent les familles les plus précaires. À Mamoudzou, près de 6 000 personnes ont trouvé refuge dans des centres d'hébergement, mais l'eau potable et les vivres commencent à manquer.

La situation est d’autant plus critique que de nombreux habitants sans papiers, craignant une expulsion, ont hésité à rejoindre les abris proposés par l’État. « Une vie est une vie », avait pourtant déclaré le préfet François-Xavier Bieuville, appelant à la solidarité face à cette catastrophe sans précédent.


Une mobilisation nationale et internationale


Depuis Paris, le président Emmanuel Macron a assuré que « tout le pays est aux côtés des Mahorais ». Des renforts militaires et du matériel de secours ont été envoyés en urgence depuis La Réunion et la métropole. Cependant, les dégâts considérables sur les infrastructures ralentissent leur déploiement sur l'île.

Le maire de Mamoudzou et d'autres élus locaux demandent désormais une aide exceptionnelle pour la reconstruction, rappelant l'ampleur de la catastrophe : « C'est l'équivalent d'Irma à Saint-Martin en 2017. » En parallèle, les autorités craignent que le cyclone, désormais en route vers le Mozambique, provoque de nouvelles destructions sur son passage.

Mayotte se relève lentement de cette tragédie, mais les défis à venir s'annoncent titanesques pour reconstruire ce territoire déjà vulnérable.


 
 
 

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